Où et comment randonner autour de Chiang Mai
Avec une population et une superficie comparables à celles de la France, la Thaïlande offre une diversité de faune et de flore qui explique aisément son attrait. Si le Sud est célèbre pour ses îles et ses eaux cristallines, le Nord recèle d’autres trésors. Dans cette région, coincée entre le Laos et le Myanmar et proche du Triangle d’Or, les contreforts de l’Himalaya s’élèvent et dessinent un paysage de montagnes vertes et de jungle tropicale à perte de vue. Longtemps, les plus hauts et vastes massifs de Thaïlande n’ont suscité aucune activité touristique, par méconnaissance ou désintérêt. On vendait à Chiang Mai, Chiang Rai et Mae Hong Son des « séjours trek » qui n’étaient que de courtes balades menant à un village de montagne pour y passer la nuit. Le trail et la randonnée étaient quasi inexistants en 2013, quand Thailand Mountain Trail a commencé à explorer les zones montagneuses autour de Chiang Mai. En quelques années, grâce à la création d’itinéraires de trek et de sentiers de randonnée, touristes et Thaïlandais ont largement développé ces pratiques. Chiang Mai est devenue la capitale des activités outdoor en Asie du Sud-Est et se prépare à accueillir, pour la première fois, les Championnats du monde de trail cette année.
Cap au nord : une région vraiment montagneuse
À plus de 600 kilomètres au nord de Bangkok, après les plaines centrales où se trouvent Sukhothaï, Ayutthaya et Kanchanaburi (avec sa célèbre rivière Kwaï), le relief se dresse en un paysage sauvage et escarpé. Sur près de 300 kilomètres par 300, un épais tapis de forêts tropicales humides, de forêts tempérées et de pinèdes couvre toute la région. De 500 à 2500 mètres d’altitude, collines et pics abrupts se succèdent, créant dans les provinces du Nord les chaînes de montagnes les plus hautes et étendues de Thaïlande. Çà et là, sur les versants et hauts plateaux, se dressent des villages en bambou ou en teck. Des minorités (Hmong, Lisu, Karen, Lahu, Akha), venues du Myanmar ou du Laos, s’y sont installées au cours du siècle dernier. Dans les vallées fertiles, pendant la mousson, rivières et cascades gorgées d’eau irriguent rizières en terrasses et plantations de café.
Au cœur de ce paradis naturel se trouve Chiang Mai, capitale du Nord et deuxième ville du royaume. Blottie dans une vaste vallée, la ville est riche d’histoire et de traditions héritées de son passé. Ancienne capitale du royaume de Lanna, son centre historique est ceint de douves et de remparts. Pont entre passé et présent, Chiang Mai revendique 3000 temples, un record national. Pour les amoureux de montagne et de sport, elle est idéalement située au milieu des plus beaux parcs nationaux et des plus hauts sommets du Nord. Tout autour : collines couvertes de jungle, arêtes effilées et pitons calcaires, rizières et villages de montagne. La province de Chiang Mai abrite quatre des cinq plus hauts sommets de Thaïlande et de nombreux pics au-delà de 2000 mètres. À moins de deux heures de voiture, on trouve des randonnées à la journée, des boucles depuis un camp de base ou des treks itinérants avec une nouvelle étape chaque soir.
Longtemps, randonner ou courir en montagne autour de Chiang Mai était difficile. Il n’existait ni sentiers balisés ni inventaire de grands itinéraires pour les marcheurs en quête d’espace. De même, aucune agence ni guide ne maîtrisait vraiment les différents massifs et leurs traversées. Il était donc impossible de profiter pleinement de ces montagnes et d’atteindre leurs plus hauts sommets. La situation a changé il y a une douzaine d’années quand Thailand Mountain Trail a entrepris de rechercher les anciens chemins utilisés par les tribus montagnardes.
Ces sentiers, qui servaient autrefois à relier villages et forêts, ont peu à peu disparu avec l’ouverture des premières pistes en terre. Pendant plus de deux ans, l’équipe TMT a mobilisé des habitants pour explorer et remettre en état les anciens tracés. Avec leur aide, des centaines de kilomètres ont été relevés et débroussaillés afin de créer des itinéraires dédiés au trek et à la grande randonnée. Il est devenu possible de parcourir sur plusieurs jours les plus hauts massifs de la province de Chiang Mai. De nombreuses zones se sont ouvertes aux marcheurs, faisant de la capitale du Nord un bastion du trek et du trail en Asie du Sud-Est.
Le parc national Doi Pui – Suthep aux portes de Chiang Mai
À environ 5 kilomètres à l’ouest de Chiang Mai, les montagnes de Doi Pui et Doi Suthep comptent parmi les plus fréquentées de la région. À 1060 mètres d’altitude se dresse l’un des temples les plus sacrés de Thaïlande, Wat Phra That Doi Suthep. Le secteur, qui s’étend sur 260 kilomètres carrés, est devenu parc national en 1981. Il porte le nom de ses deux sommets calcaires, Doi Pui (1685 m) et Doi Suthep (1675 m), qui dominent la vallée de Chiang Mai. L’ensemble du parc est couvert de jungle, de forêt tempérée et de pinède. On y accède facilement depuis le centre-ville en bus, voiture ou scooter.
Doi Pui – Suthep est idéal pour une randonnée à la journée depuis Chiang Mai. L’accès est simple, les options de trek sont nombreuses et la végétation variée. Le secteur regorge de points d’intérêt : temples, villages hmongs, sommets, cascades… En une journée, on peut enchaîner jungle tropicale, charme des villages de montagne et points de vue superbes aux sommets locaux.
Où randonner dans le parc Doi Pui – Suthep ?
C’est la première montagne explorée par Thailand Mountain Trail en 2013. TMT.1 y démarre, premier itinéraire de grande randonnée du pays, reliant Chiang Mai à Chiang Dao. Les possibilités sont désormais multiples et les sentiers plus fréquentés qu’il y a dix ans. Depuis le fond de vallée, de nombreuses traces montent vers les hauteurs du parc : The Last Man Standing, The Monk Trail, The Caffeine Trail, The Sacred Jungle Trail, The Ancient Opium Route. Nos préférées sont les deux dernières, les plus dépaysantes et intéressantes. Au départ, le Sacred Jungle Trail suit le tracé du Monk Trail jusqu’au magnifique temple de Wat Pha Lat, caché dans la jungle au bord de la rivière, puis bifurque vers le célèbre Wat Doi Suthep. À ce stade, deux options : monter directement, via le palais de la reine, jusqu’au sommet de Doi Suthep (1600 m).
Une fois en haut, la meilleure option est de redescendre par un sentier de jungle vers la cascade de Monthathan.
La seconde option consiste à prendre l’Ancient Opium Route vers les villages hmongs de Khun Chang Khian et Ban Doi Pui. Depuis ces villages blottis au pied du Doi Pui, on grimpe une arête raide pour atteindre le point culminant (1685 m). La vue sur la vallée de Chiang Mai et les autres montagnes du Nord est splendide. Les plus en forme peuvent poursuivre jusqu’au sommet du Doi Pha Klong, visible depuis Doi Pui, où se trouve une empreinte de Bouddha (deux heures supplémentaires). Sinon, on peut rentrer directement en ville par le Caffeine Trail : 1000 m de dénivelé négatif sur 7 kilomètres.
Les montagnes et crêtes de Doi Saket
Situées à une demi-heure à l’est de Chiang Mai, ces montagnes chevauchent trois provinces (Chiang Mai, Chiang Rai, Lampang). Elles s’élèvent régulièrement jusqu’à 2000 mètres d’altitude, depuis les rizières de Doi Saket, en formant une succession de crêtes et de vallées étroites. Le secteur est sauvage et peu habité par les tribus montagnardes. Quelques petits villages en teck, comme Mae Kampong et Ban Phok, profitent de l’altitude et d’un climat tempéré le long des rivières près des plantations de café. Plus haut, de nombreuses arêtes rocheuses dégagées offrent des panoramas majestueux sur les sommets et vallées environnants. En toile de fond se détachent Doi Langka Noi (1830 m) et Doi Langka Luang (2030 m), derniers sommets du massif. Doi Saket reste méconnu des randonneurs, et peu s’y aventurent. Pourtant, l’endroit est superbe, avec une atmosphère unique et parmi les plus beaux points de vue du Nord. La grande forêt est restée intacte, le café étant l’une des rares cultures n’exigeant pas de déforestation. Le fait d’y accéder en moins d’une heure depuis le centre de Chiang Mai est un atout, et ses petits villages en teck en font une zone idéale pour des sorties à la journée ou des treks de deux à trois jours plus sportifs.
Où randonner à Doi Saket ?
Soyons francs : il est encore difficile d’y randonner en autonomie. Des dizaines d’anciens sentiers sont toujours utilisés par les locaux, mais il existe peu d’informations précises et accessibles. De plus, la rareté des villages de montagne complique le ravitaillement et l’hébergement sans un minimum d’organisation.
Pour l’instant, le plus simple à Doi Saket est la randonnée à la journée. Deux secteurs sont très intéressants, faciles d’accès et avec de superbes vues. Option 1 : monter vers les sommets de Doi Langka en boucle depuis le village de Kampaeng Hin. Langka Noi (1830 m), le plus bas, est le plus abordable : comptez 15 kilomètres et +1300 m. Langka Luang (2030 m) demande un long effort, au moins 7 heures de marche. Le second secteur recommandé est autour de Mae Kampong. Un itinéraire part du village et va directement vers les sommets de Kio Hin et Kiu Fin (15 kilomètres, +1200 m). Un autre, plus court (environ 4 heures), rejoint Kiu Fin depuis les magnifiques cascades de Mae Kampong. Pour des treks de plusieurs jours, il sera bientôt possible, grâce à Thailand Mountain Trail, de relier à pied Doi Saket aux sommets de Doi Langka. TMT 2, le deuxième itinéraire de grande randonnée de Thaïlande, dont l’ouverture était annoncée pour 2022, passera par Doi Kiu Lom (1490 m), Doi Kio Hin (1690 m) et Doi Kiu Fin (1800 m) avant d’atteindre les deux sommets plus élevés. Il traversera les villages de montagne de Nam Khong, Kampaeng In, Ban Phok et Mae Kampong (tous au-dessus de 1000 m), offrant des haltes pour dormir et se ravitailler.
Zones tribales dans le district de Mae Taeng
Le district de Mae Taeng se situe à une cinquantaine de kilomètres au nord de Chiang Mai. Ce n’est ni un parc ni une réserve, et ce n’est pas non plus l’un des plus hauts sommets du pays. C’est surtout une magnifique région montagneuse de part et d’autre de la rivière du même nom. Au sud, la partie basse est majoritairement habitée par les Karen, qui y ont construit des villages en teck entourés de rizières en terrasses. Plus au nord, plus accidentée, on trouve des villages lahu en bambou et des villages hmongs, ainsi que les plus hauts sommets du secteur (1700 m). La végétation est très variée : au fond de la vallée, le long de la Mae Taeng, alternent jungle et cascades ; plus haut, le couvert se clairseme, la pinède remplace la forêt tropicale et laisse apparaître sommets et villages au loin.
Pour explorer Mae Taeng, privilégiez des treks d’au moins deux jours. Le trajet en voiture depuis Chiang Mai prend au minimum 1 h 30, et l’un des grands intérêts est de passer une ou plusieurs nuits dans un village de montagne. Évitez les randonnées à la journée et les packages « trek-rafting-éléphants » proposés par certaines agences : vous ne ferez qu’une courte balade (deux heures maximum) en terrain plat, ou vous vous retrouverez dans des camps d’éléphants qui ne respectent pas les animaux.
Où trekker dans le district de Mae Taeng ?
Au nord de Mae Taeng, au départ du beau village de Ban Saluang, on remonte vers les montagnes et les villages karen par un sentier de jungle qui suit un cours d’eau. Renseignez-vous sur l’état du chemin : il peut être nécessaire d’emporter une machette et de prévoir plus de temps si les locaux n’ont pas encore débroussaillé. Une fois arrivé au village karen de Mae Kha Piang (où l’on peut dormir en bungalow au cœur des rizières), d’autres chemins montent vers des sommets à 1500 m. En deux jours, un bon marcheur peut atteindre le magnifique temple de Wat Prabat Si Roi, posé comme une île dans une mer de montagnes. En trois jours (avec une nuit supplémentaire au village karen de Pha Taek), on peut redescendre par d’autres vallées et finir aux sublimes cascades de Mok Fah.
Au sud du district, nous conseillons de partir du village de Sop Kai, sur les rives de la Mae Taeng. On commence par un vrai sentier de jungle le long d’un ruisseau, puis on attaque des pentes très raides. Vers 1000 m apparaissent les premiers villages lahu et plusieurs sommets se dessinent à l’horizon. Il est préférable de passer la nuit dans l’un de ces villages (Ban Pha Daeng ou Huay Satan) avant de viser les sommets. Une deuxième journée sera nécessaire pour gravir Doi Pha Samliam (1620 m) et Doi Pha Daeng (1600 m), puis redescendre à Sop Kai, point de départ. Ceux qui souhaitent ajouter une troisième journée peuvent poursuivre plus au nord vers d’autres villages et sommets (Doi Pha Khia 1580 m) et terminer au pied du massif de Chiang Dao.
Doi Chiang Dao et sa chaîne alpine
La réserve naturelle de Chiang Dao, à 70 kilomètres au nord de Chiang Mai, est unique en son genre. C’est le seul véritable chaînon montagneux de Thaïlande, qui s’étire sur plusieurs kilomètres d’est en ouest. Ses falaises calcaires culminent sur plusieurs sommets à 2000 m, dont Doi Luang (2225 m), troisième sommet du pays. En forme de fer à cheval, le massif abrite une faune et une flore exceptionnelles, ce qui lui a valu une reconnaissance en tant que réserve de biosphère par l’UNESCO. La montagne a été classée parc national il y a 50 ans et ne compte plus de villages de minorités en son cœur. L’accès y est réglementé.
Grâce à ces mesures, Doi Chiang Dao a été préservé du surdéveloppement et d’une affluence excessive. En contrepartie, entrer au cœur de la réserve et atteindre le Doi Luang est devenu compliqué. Au fil des années, l’administration a fermé tous les itinéraires qui permettaient de monter à 2225 m. Il ne subsiste qu’une seule traversée du massif. La réserve n’ouvre que de novembre à février et il faut réserver très en amont l’un des rares permis d’accès.
Où randonner autour de Chiang Dao ?
Pour les quelques chanceux qui obtiennent un permis, le spectacle est grandiose. Le sentier vers le sommet (10 kilomètres et +1000 m) serpente entre arêtes fines et falaises. La vue du sommet coupe le souffle, surtout à l’aube et au coucher du soleil ; par temps clair, on distingue tous les plus hauts sommets de Thaïlande. Pour les autres, il existe heureusement de belles alternatives autour de la réserve. Les zones montagneuses périphériques ne sont pas soumises aux mêmes restrictions et comptent de nombreux itinéraires que TMT a restaurés avec l’aide des villages hmongs et lisus. On peut ainsi randonner tout autour de Chiang Dao et profiter de superbes points de vue sur l’ensemble du massif.
Au sud de Chiang Dao, depuis la vallée, deux itinéraires mènent au village hmong de San Pha Khia. Le premier part des sources chaudes près de Ban Tham et monte au pied de la face nord du Doi Chiang Dao. La première section, jusqu’à 1000 m, est assez facile, mais la seconde est très compliquée : le sentier sauvage n’est pas entretenu et même avec une longue machette, il est difficile de se frayer un passage dans les bambous géants. Le second itinéraire est plus simple : il part du village de Mae Na et suit les crêtes sur 15 kilomètres et +1000 m jusqu’au village hmong, où l’on peut passer la nuit. Le lendemain, il est conseillé de poursuivre par un sentier qui contourne Chiang Dao par l’ouest jusqu’au village lisu de Fa Suay.
La « montagne de la Dame », ou Doi Nang, accolée au flanc nord du Doi Luang, est aussi un très beau terrain de trek. Très sauvage, elle exige une préparation soignée. Les sentiers sont longs, peu ou pas entretenus, et peuvent être dangereux. Faute de ravitaillement en journée, il faut prévoir eau et nourriture en quantité suffisante. Quatre itinéraires partent de la vallée vers le village lisu de Nong Khatae : le premier passe par le sommet de Doi Nang (près de 1800 m) ; le second, le plus facile, contourne la face nord ; le troisième suit la rivière Mae Khon ; le quatrième, le plus difficile, emprunte une arête exposée et grimpe jusqu’au Doi San Kon Phra. Le village lisu est sommaire et ne permet pas d’y dormir : il faut redescendre en vallée ou rejoindre Fa Suay, à sept kilomètres plus au sud.
Doi Inthanon, le toit de la Thaïlande
À 2565 m d’altitude, Doi Inthanon est le point culminant de la Thaïlande. Contrairement à Doi Chiang Dao, ce n’est pas un massif alpin aux hautes falaises calcaires, mais un vaste relief bosselé aux sommets rocheux. La zone a été classée parc national en 1949 pour préserver une flore exceptionnelle. Le climat tempéré toute l’année favorise des espèces végétales présentes uniquement ici. Des minorités karen et hmong y vivent de l’horticulture grâce au Royal Agricultural Project, mis en place pour les aider à abandonner la culture de l’opium. Les visiteurs peuvent admirer des kilomètres de rizières en terrasses au pied des collines verdoyantes.
Le parc national se situe à 1 h 30 – 2 h de route au sud de Chiang Mai. Évitez donc les excursions à la journée vendues par certaines agences : la « randonnée » se limite à 1 ou 2 heures et tout se fait au pas de course, sans le temps d’apprécier. Pour profiter des pagodes royales, villages karen, rizières en terrasses et nombreuses cascades géantes, prévoyez plusieurs jours. L’hébergement est abondant en vallée (Jom Tong) ou plus haut (Mae Klang Luang, Pha Mon, Ban Khun Klang), mais un véhicule personnel est nécessaire.
Où randonner à Doi Inthanon ?
Le potentiel de trek est important, mais encore peu exploité par le parc. À ce jour, seuls des sentiers courts, entretenus par les locaux, sont balisés. Les nature trails de Kew Mae Pan, Pha Mon, Ang Ka ou Pha Dok Sieo permettent d’apprécier la végétation et les vues de Doi Inthanon, mais se bouclent en environ deux heures, et l’affluence peut être élevée.
Nous ne connaissons pas encore de séries de boucles au départ d’un même camp permettant d’atteindre des sommets et de revenir dans la journée. Beaucoup de chemins ont disparu au profit de pistes. Ainsi, pour rejoindre Doi Kaew Mae Pan, Doi Pha Ngen ou Doi Pha Tang, la part réellement « sentier » est réduite, des routes menant déjà au pied des montagnes ; seule la montée finale relève de la randonnée. Parmi ces sommets, nous recommandons Doi Pha Ngen : au départ du village hmong de Khun Wang, une boucle de 3–4 heures mène au sommet, avec une vue magnifique sur l’ensemble du parc.
Pour des treks itinérants de plusieurs jours autour de Doi Inthanon, il faudra attendre l’achèvement de TMT.3. Le projet vise à créer un troisième grand itinéraire reliant Chiang Mai à la vallée de Mae Wang, puis au point culminant de la Thaïlande.
Que faut-il savoir avant de partir en trek en Thaïlande ?
On peut randonner autour de Chiang Mai presque toute l’année. La meilleure période est la saison fraîche, de novembre à février : températures douces, parfois fraîches la nuit, météo excellente, ciel azur et visibilité parfaite. Il est aussi très agréable de marcher pendant la saison des pluies, de juin à octobre. Il pleut généralement en fin d’après-midi ou la nuit, sans gêner les randonneurs. La pluie rafraîchit l’air et limite la chaleur. C’est le moment où forêt et jungle sont au plus vert, humide et luxuriant. De juillet à octobre, les rizières en terrasses sont splendides : d’abord gorgées d’eau, puis dorées avant la récolte de novembre. La seule période à éviter est la saison chaude, de fin mars à fin mai, pendant les brûlis : trop chaud, végétation sèche, air chargé de fumée.
Avant toute randonnée, une préparation soignée s’impose, compte tenu des spécificités locales. Ici, le trek n’a rien à voir avec l’Europe ou l’Amérique du Nord. Les sentiers ne sont ni balisés ni maintenus, et l’on s’égare vite. Si le GPS capte mal dans la jungle, il devient impossible de retrouver le tracé. Les chemins sont aussi peu entretenus : pendant ou après la mousson, on ne distingue parfois plus le passage et l’on n’avance qu’à la machette. Même équipé (attention aux blessures), ouvrir la voie prend trois à quatre fois plus de temps que prévu, avec le risque de se retrouver dans la jungle à la nuit. La flore et la faune diffèrent des climats tempérés : certaines plantes coupent, et il existe un risque de morsures de serpents (vipères, cobras, puff adders) ou de piqûres de scorpions et scolopendres. Enfin, la chaleur humide impose une hydratation continue. La pénurie d’eau est un risque majeur en cas d’égarement ou de durée prolongée. En cas de problème, vous ne pouvez compter que sur vous-même : pas de secours organisés comme en Occident, peu de passage, réseau téléphonique souvent absent.
Il est donc essentiel de préparer en amont et d’éviter l’improvisation. Sans organisation, le moindre incident peut devenir problématique, même près de Chiang Mai. Voici nos conseils de base pour marcher en sécurité. Si vous ne pouvez pas les respecter, partez avec une personne expérimentée, engagez un guide ou passez par une agence spécialisée.
- Ne partez pas randonner seul
- Consultez un randonneur expérimenté pour préparer votre itinéraire
- Ne vous fiez pas uniquement aux informations trouvées en ligne
- Prévoyez un contact thaïlandais à joindre en urgence
- Communiquez à cette personne le détail de votre sortie : lieu, horaire, transport, heure de retour prévue
- Prévenez que la randonnée peut durer deux fois plus longtemps que prévu
- Acceptez de faire un repérage ; sachez renoncer et revenir une autre fois
- Emportez trousse de premiers secours, lampe frontale et couverture de survie
- Enregistrez la trace GPS et prenez une powerbank
- Emportez une machette et sachez l’utiliser à bon escient
- Planifiez les points de ravitaillement et prenez deux fois plus d’eau et de barres énergétiques que nécessaire
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